2 JUILLET 2010 :  il y a deux ans...

Il y a deux ans aujourd'hui qu'en Colombie, Ingrid Betancourt et 14 autres otages des Farc étaient libérés grâce à une opération menée par les services secrets colombiens et leurs alliés.

Quelques semaines plus tard, Ingrid Betancourt était reçue à Bruxelles par S.M. le Roi des Belges, au Parlement belge, à la Commission Européenne et au Parlement Européen, où elle tenait à exprimer ses remerciements à tous les acteurs de la mobilisation pour les otages colombiens, que son enlèvement avait suscitée et qui avait débuté dans notre pays. (voir la vidéo)

Elle y rappelait qu'il y avait encore en Colombie plusieurs milliers d'autres victimes de séquestration, et nous appelait à continuer pour eux le combat que nous avions commencé en février 2002.

Depuis lors la situation n'a guère évolué en Colombie pour les innombrables victimes d'un conflit armé qui dure depuis plus de quarante ans. Si la guérilla des Farc a libéré maintenant, de manière unilatérale, tous les otages politiques civils qu'ils détenaient ainsi que plusieurs prisonniers en uniforme, elle garde encore en son pouvoir un peu moins d'une vingtaine de militaires dont certains sont détenus depuis plus de douze ans, et le gouvernement continue à refuser toute idée de négotiation ou d'échange de prisonniers.

Pour les autres victimes du conflit armé, la situation n'est pas plus encourageante. Le nombre de déplacés internes dépasse maintenant les quatre millions. On estime maintenant que le nombre de disparus, emmenés un jour par l'armée ou par les paramilitaires d'extrême droite et dont on est depuis sans nouvelles, pourrait dépasser la centaine de milliers - bien plus qu'en Argentine sous la dictature militaire. La Colombie continue à être le pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes ou pour les défenseurs des Droits de l'Homme. Tous les acteurs armés, légaux et illégaux, se sont rendus coupables de violations graves des Droits Humains et de crimes de guerre. La Colombie est aussi un des pays au monde où on trouve le plus d'enfants-soldats - recrutés en majorité par la guérilla et les paramilitaires.

Lors de son discours au Parlement Européen, Ingrid Betancourt nous rappelait que "bien avant l'opération de sauvetage, notre refus de la résignation, notre mobilisation et nos paroles l'avaient délivrée". Ingrid est libérée, mais les autres victimes du conflit colombien continuent à avoir besoin de nous. Notre mobilisation ne peut pas cesser.