Il y a deux ans aujourd'hui qu'en
Colombie, Ingrid Betancourt et 14 autres otages des Farc étaient
libérés grâce à une opération menée par les services secrets
colombiens et leurs alliés.
Quelques semaines plus tard,
Ingrid Betancourt était reçue à Bruxelles par S.M. le Roi des Belges,
au Parlement belge, à la Commission Européenne et au Parlement
Européen, où elle tenait à exprimer ses remerciements à tous les
acteurs de la mobilisation pour les otages colombiens, que son
enlèvement avait suscitée et qui avait débuté dans notre pays. (voir
la vidéo)
Elle y rappelait qu'il y avait
encore en Colombie plusieurs milliers d'autres victimes de
séquestration, et nous appelait à continuer pour eux le combat que
nous avions commencé en février 2002.
Depuis lors la situation n'a
guère évolué en Colombie pour les innombrables victimes d'un conflit
armé qui dure depuis plus de quarante ans. Si la guérilla des Farc a
libéré maintenant, de manière unilatérale, tous les otages
politiques civils qu'ils détenaient ainsi que plusieurs prisonniers en
uniforme, elle garde encore en son pouvoir un peu moins d'une vingtaine
de militaires dont certains sont détenus depuis plus de douze ans, et
le gouvernement continue à refuser toute idée de négotiation ou
d'échange de prisonniers.
Pour les autres victimes du
conflit armé, la situation n'est pas plus encourageante. Le nombre de
déplacés internes dépasse maintenant les quatre millions. On estime
maintenant que le nombre de disparus, emmenés un jour par l'armée ou
par les paramilitaires d'extrême droite et dont on est depuis sans
nouvelles, pourrait dépasser la centaine de milliers - bien plus qu'en
Argentine sous la dictature militaire. La Colombie continue à être le
pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes ou pour les
défenseurs des Droits de l'Homme. Tous les acteurs armés, légaux et
illégaux, se sont rendus coupables de violations graves des Droits
Humains et de crimes de guerre. La Colombie est aussi un des pays au
monde où on trouve le plus d'enfants-soldats - recrutés en majorité
par la guérilla et les paramilitaires.
Lors de son discours au
Parlement Européen, Ingrid Betancourt nous rappelait que "bien
avant l'opération de sauvetage, notre refus de la résignation, notre
mobilisation et nos paroles l'avaient délivrée". Ingrid est
libérée, mais les autres victimes du conflit colombien continuent à
avoir besoin de nous. Notre mobilisation ne peut pas cesser.