La FICIB (Fédération Internationale des
Comités LIBERTAD) se joint aux expressions de rejet et de douleur
devant l'assassinat du leader indigène Mr. Edwin Legarda, époux de
Aida Quilcué, dirigeante principale du Conseil Régional Indigène du
Cauca (Cric).
Les faits ont eu lieu sur la route de San
Pedro Del Bosque à Totoro, dans le sud de la Colombie. Selon les
organisation indigènes, les troupes du bataillon José Hilario Lopez de
la 3ième division de l'Armée Nationale, stationné dans une ferme de
la région, ont tiré de manière indiscriminée 17 coups en direction
de la voiture appartenant au CRIC, dans laquelle se déplacait
quotidiennement la conseillère. Ces propos ont été confirmé par le
ministre de la défense.
D'après les organisations indigènes
colombiennes, ce fait résulte d'une tentative d'attentat visant Mme.
Aida Quilcué, en représailles au rôle important qu'elle a joué dans
la récente mobilisation nationale indigène et à sa participation
active au Conseil des droits humains de l'ONU à Genève, où la
Colombie faisait l'objet d'un examen périodique universel.
L'organisation indigène nationale avait
antérieurement dénoncé des menaces de mort proférées par des
groupes paramilitaires à l'encontre des membres du CRIC, et plus
particulièrement à l'encontre de la dirigeante Aida Quilcué.
La FICIB faisait partie des
organisations européennes qui ont accompagné en octobre et novembre
dernier la Minga Indigena (Mobilisation Indigène) et qui refusent ces actes de
violence dont le but est de semer la terreur et de faire taire la voix
des peuples indigènes colombiens qui revendiquent légitimement la
défense de leurs droits.
De nombreuses voix issues des quatre
coins de la planète s'unissent solidairement à la longue marche
indigène et sollicitent du gouvernement colombien la protection des
chefs et des participants indigènes à cette marche en lieu et place de
la criminalisation de la mobilisation sociale ou de quelconque type de
représailles ou persécution violente.. Ce crime s'ajoute aux 1.253
assassinats de membres des communautés indigènes, une des raisons qui
a amené à la mobilisation d'octobre sous la forme d'une Marche
nationale.
Nous nous associons aux autres ONG de
défense des Droits Humains pour réclamer au Président de Colombie,
Mr. Alvaro Uribe, en tant que chef des forces armées :
- De faire la lumière sur ce crime qui
endeuille la dirigeante Aida Quilcué, sa famille et le mouvement
national indigène.
- D'aider à l'application exemplaire du
Droit aux responsables matériels et aux commanditaires de ce crime.
- De garantir que l'Etat colombien
préserve la vie et les droits des peuples indigènes et oeuvre
efficacement pour le démantèlement des plans criminels contre les peuples indigènes et
l'arrêt de la criminalisation des luttes sociales.
Nous présentons nos plus sincères
condoléances à Mme.Aida Quilcué, au Conseil Régional Indigène du
Cauca et au mouvement indigène national. Nous tenons à exprimer notre
solidarité inconditionnelle avec sa lutte pacifique pour la défense
des droits constitutionnels des indigènes à leurs territoires, leur
culture et leur autonomie dans un pays où règne la paix et la justice
sociale.