18 décembre 2008 :  Assassinat d'un leader indigène

La FICIB (Fédération Internationale des Comités LIBERTAD) se joint aux expressions de rejet et de douleur devant l'assassinat du leader indigène Mr. Edwin Legarda, époux de Aida Quilcué, dirigeante principale du Conseil Régional Indigène du Cauca (Cric).

Les faits ont eu lieu sur la route de San Pedro Del Bosque à Totoro, dans le sud de la Colombie. Selon les organisation indigènes, les troupes du bataillon José Hilario Lopez de la 3ième division de l'Armée Nationale, stationné dans une ferme de la région, ont tiré de manière indiscriminée 17 coups en direction de la voiture appartenant au CRIC, dans laquelle se déplacait quotidiennement la conseillère. Ces propos ont été confirmé par le ministre de la défense.

D'après les organisations indigènes colombiennes, ce fait résulte d'une tentative d'attentat visant Mme. Aida Quilcué, en représailles au rôle important qu'elle a joué dans la récente mobilisation nationale indigène et à sa participation active au Conseil des droits humains de l'ONU à Genève, où la Colombie faisait l'objet d'un examen périodique universel.

L'organisation indigène nationale avait antérieurement dénoncé des menaces de mort proférées par des groupes paramilitaires à l'encontre des membres du CRIC, et plus particulièrement à l'encontre de la dirigeante Aida Quilcué.

La FICIB faisait partie des organisations européennes qui ont accompagné en octobre et novembre dernier la Minga Indigena (Mobilisation Indigène) et qui refusent ces actes de violence dont le but est de semer la terreur et de faire taire la voix des peuples indigènes colombiens qui revendiquent légitimement la défense de leurs droits.

De nombreuses voix issues des quatre coins de la planète s'unissent solidairement à la longue marche indigène et sollicitent du gouvernement colombien la protection des chefs et des participants indigènes à cette marche en lieu et place de la criminalisation de la mobilisation sociale ou de quelconque type de représailles ou persécution violente.. Ce crime s'ajoute aux 1.253 assassinats de membres des communautés indigènes, une des raisons qui a amené à la mobilisation d'octobre sous la forme d'une Marche nationale.

Nous nous associons aux autres ONG de défense des Droits Humains pour réclamer au Président de Colombie, Mr. Alvaro Uribe, en tant que chef des forces armées :

  • De faire la lumière sur ce crime qui endeuille la dirigeante Aida Quilcué, sa famille et le mouvement national indigène.
  • D'aider à l'application exemplaire du Droit aux responsables matériels et aux commanditaires de ce crime.
  • De garantir que l'Etat colombien préserve la vie et les droits des peuples indigènes et oeuvre efficacement pour  le démantèlement des plans criminels contre les peuples indigènes et l'arrêt de la criminalisation des luttes sociales.

Nous présentons nos plus sincères condoléances à Mme.Aida Quilcué, au Conseil Régional Indigène du Cauca et au mouvement indigène national. Nous tenons à exprimer notre solidarité inconditionnelle avec sa lutte pacifique pour la défense des droits constitutionnels des indigènes à leurs territoires, leur culture et leur autonomie dans un pays où règne la paix et la justice sociale.