La FICIB a constaté avec déception mais
sans surprise le manque apparent de résultats du voyage de Bernard
Kouchner en Colombie et dans les pays voisins.
Seuls des observateurs peu au fait de la
situation sur place pouvaient espérer un soudain rétablissement par le
président Uribe de la mission de médiation du président Chavez, ou le
rétablissement de relations cordiales entre Quito et Bogota; si cela
était vraiment le but de cette mission, cela démontrerait de la part
du ministre français des Affaires Étrangères un manque de réalisme
difficile à imaginer.
Il est probable que le but réel de ce
voyage était plutôt de faire le point avec les parties directement
impliquées dans le problème des otages colombiens, pour essayer de
réinsérer la France dans un processus dont beaucoup pensent qu'elle
s'est exclue avec l'épisode incompréhensible de l'avion
"humanitaire".
L'intransigeance réaffirmée de la
guérilla et du gouvernement colombien, aggravée par l'exécution
récente de Raul Reyes par l'armée colombienne, rendent illusoire à
court terme une solution basée sur un accord humanitaire, car cela
implique une rencontre et une négociation entre les deux parties en
conflit.
Malgré la difficulté de la tâche, une
médiation visant à rendre possible cette rencontre et cette
négociation est indispensable. La France, seule, n'est pas à même de
remplir cette mission. Nous demandons au ministre des Affaires Étrangères,
plutôt que d'envisager des actions isolées, de consacrer plutôt ses
efforts pour faire intervenir des pays comme l'Argentine, le Chili, le
Brésil ou d'autres pays, tout en soutenant, avec toute la discrétion
qui est nécessaire, les initiatives du président Chavez pour obtenir
à plus court terme, grâce à ses contacts privilégiés, d'autres
libérations d'otages civils parmi lesquels Ingrid Betancourt.