1er Mai  2008 : Un voyage pour rien de Bernard Kouchner ?

 
La FICIB a constaté avec déception mais sans surprise le manque apparent de résultats du voyage de Bernard Kouchner en Colombie et dans les pays voisins.

Seuls des observateurs peu au fait de la situation sur place pouvaient espérer un soudain rétablissement par le président Uribe de la mission de médiation du président Chavez, ou le rétablissement de relations cordiales entre Quito et Bogota; si cela était vraiment le but de cette mission, cela démontrerait de la part du ministre français des Affaires Étrangères un manque de réalisme difficile à imaginer.

Il est probable que le but réel de ce voyage était plutôt de faire le point avec les parties directement impliquées dans le problème des otages colombiens, pour essayer de réinsérer la France dans un processus dont beaucoup pensent qu'elle s'est exclue avec l'épisode incompréhensible de l'avion "humanitaire".

L'intransigeance réaffirmée de la guérilla et du gouvernement colombien, aggravée par l'exécution récente de Raul Reyes par l'armée colombienne, rendent illusoire à court terme une solution basée sur un accord humanitaire, car cela implique une rencontre et une négociation entre les deux parties en conflit.

Malgré la difficulté de la tâche, une médiation visant à rendre possible cette rencontre et cette négociation est indispensable. La France, seule, n'est pas à même de remplir cette mission. Nous demandons au ministre des Affaires Étrangères, plutôt que d'envisager des actions isolées, de consacrer plutôt ses efforts pour faire intervenir des pays comme l'Argentine, le Chili, le Brésil ou d'autres pays, tout en soutenant, avec toute la discrétion qui est nécessaire, les initiatives du président Chavez pour obtenir à plus court terme, grâce à ses contacts privilégiés, d'autres libérations d'otages civils parmi lesquels Ingrid Betancourt.