La FICIB (Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt) a appris avec consternation, mais sans surprise, les déclarations du vice-président colombien Francisco Santos qui a critiqué aujourd'hui l'action des comités, en reprenant presque mot pour mot une déclaration qu'il avait déjà faite en juin de cette année.
Essayer de faire croire que les actions de soutien - en particulier la nomination par près de 2.000 villes et communes d'Ingrid comme Citoyenne d'honneur, aurait fait "monter son prix", est contraire à la réalité des faits. Le "prix" demandé par la guérilla
en février 2002 pour libérer Ingrid et les autres otages est bien connu : une négociation avec le gouvernement colombien pour échanger une cinquantaine de prisonniers (militaires et policiers) et d'otages civils contre 500 guérilleros. Ce "prix" n'a pas changé
aujourd'hui, près de six ans après.
Essayer de faire croire qu'une libération aurait été plus facile sans la médiatisation de la situation d'Ingrid est également contraire à la réalité des faits. Parmi les otages qui partagent le sort d'Ingrid se trouvent 32 militaires et policiers dont certains sont détenus, eux, depuis 10 ans, et pour lesquels il n'y avait eu absolument aucune médiatisation avant l'enlèvement d'Ingrid. Leurs familles sont unanimes pour affirmer que seules les actions des comités, par la visibilité qu'elles ont donnée au sort de ces prisonniers, leur donnent maintenant un espoir de les revoir un jour vivants.
Ce sont les actions des comités, appuyés par les milliers de villes et de communes qui ont soutenu leurs actions depuis 2002 qui ont eu pour effet la situation actuelle où de plus en plus d'acteurs internationaux, en Europe et dans les Amériques, ont décidé de s'impliquer pour résoudre un problème qui stagne depuis 10 ans, principalement à cause du manque de volonté réelle d'aboutir dans le chef des deux parties en présence.
Depuis les début, nos comités se battent, aux côtés de toutes leurs familles, pour la libération de tous les otages, pas seulement pour Ingrid Betancourt. C'est de la pure spéculation d'imaginer que suite à nos actions, Ingrid pourrait être, comme le prétend le vice-président Santos, la dernière à être libérée. Mais serait-ce même le cas, la question n'est pas de savoir qui sera le premier ou le dernier libéré. La question est de sauver leur vie, à TOUS, avant qu'il ne soit trop tard.