Pour la libération d’Ingrid Betancourt, de Clara et de tous les séquestrés

Merci pour tous ces textes, poèmes et quelques images

Merci à tous ceux et à toutes celles qui nous rappellent que nous faisons partie d’une humanité

Benoist Magnat

(les poèmes et textes en espagnol sont  pour la plupart à la fin du message)

Dany Delboy

 

                                                     YA BASTA!

 

Nuestra espéranza,

Es que algun dia,

Cambie nuestra situación.

Que se trate a las mujeres,

Con respeto,

Justicia

Y democracia.

¿Marcos es maricón?

¡Si quieres, hombre,

Pero en San Francisco!

Marco est gay,

Mais black aussi,

Black,

Dans vos fades et tristes banlieues

Où ne domine que le bleu,

Bleu marine,

Bleu flic,

Je hais les requins

Qui déchiquettent les chairs

A grands coups de matraques.

 

Vive la joie!

Vive la vie!

Vive l'amour!

Je hurle ton nom,

Liberté!

 

Marcos es chicano,

Chicano en San Isidro,

Et nous sommes tous chicanos

Dans vos banlieues poubelles.

Ouvrez les yeux,

Monsieur le président,

Ces poubelles

Débordent d'armes,

D'armes virginales,

Qui vont vous émasculer.

Vous avez déclaré la guerre?

Nous aussi!

Guerre à l'injustice!

A l'inégalité!

A l'insécurité!

Guerre aux privilèges!

Et ce ne sont pas

Vos motos-crottes

Qui vont vous laver de votre fange

Et de votre honte.

 

Vive la joie!

Vive la vie!

Vive l'amour!

Je hurle ton nom,

Liberté!

 

Marcos es anarquista en Barcelona,

Es palestino en Israël,

Es hombre de corazón,

Es hijo de la muerte.

Tel un indien Maya,

Dans les favelas de San Cristobal,

Je suis crucifié

Par votre aveugle morale jésuite,

Bien pensante,

Meurtrière

Et source d'holocaustes.

On ne tue pas celui qui hurle,

Mais le pauvre homme triste,

Humble et muet,

Après avoir violé

Sa femme et sa fille

Que l'on éventre avec joie.

 

¡Viva la alégria!

¡Viva la vida!

¡Viva el amor!

¡Chile tú nombre

Libertad!

 

Marcos es de un cartel,

Del cartel de Neza,

Del cartel de la vida olvidada.

Nous crèverons

Avec le sourire aux lèvres,

Ce sourire

Qui est notre seule arme.

Pareil au juif à Buckenwal,

Je ploie

Sous le poids de mes larmes.

Debout les moutons!

Changez-vous en lions!

Marcos est conciliateur

Au ministère de la haine ordinaire.

Marcos es comuniste olvidada,

Es artiste que no se puede ablar,

Un pacifiste adélante

De los snippers serbios.

 

Vive la joie!

Vive la vie!

Vive l'amour!

Je hurle ton nom,

Liberté!

 

Je suis gréviste

Prisonnier de sa condition,

L'auteur sans livres ni lecteurs.

Soy periodista

Que escribe para los otros.

Soy mujer en el metro

En la tarde,

La femme seule agressée,

Violentée,

Devant vos yeux repus,

Indifférents.

Marcos est l'homme qui pleure

Devant la vie gâchée

De la vierge humiliée,

Laminée,

Outragée.

 

Vive la joie!

Vive la vie!

Vive l'amour!

Je hurle ton nom,

Liberté!

 

Je suis femme au foyer

Livrée à ton pouvoir sans armes.

Une femme,

Avec ses larmes et son amour,

Une femme,

Qui reste à la cuisine le soir,

Pendant

Que tu vas rêver

Dans les bars,

Avant de rentrer me matraquer,

Tu n'es que...

Mon CRS favori.

Plus jamais je ne pourrai rêver!

Plus jamais je ne pourrai aimer!

La joyeuse petite fille

Est morte à l'enfer de sa marelle.

 

¡Viva la alégria!

¡Viva la vida!

¡Viva el amor!

¡Chile tú nombre

Libertad!

 

Soy campesino sin tierra,

El obrero sin trabajo.

Le dissident

Parmi les adeptes du libre-marché,

Libre-marché,

Pour vous messieurs les nantis!

Pour vous messieurs les yankees!

Nous!

Nous ne sommes que du bétail,

Mais le bétail,

Un jour,

Il finira

Par montrer les dents,

Il finira

Par mordre.

Je suis Zapatiste!

Dans les montagnes

Du sud-est du Mexique,

Mais aussi

Partout où la liberté est bafouée.

Je suis Zapatiste!

Face à l'intégrisme

Aveugle,

Intolérant,

Qui viole

Et massacre les fleurs

Qui osent s'exprimer,

Et bâillonne les enfants

D'un tchador étouffant.

Je suis Zapatiste!

Devant le pape

Complice du sida,

Je n'aime pas la calotte,

Et préfère porter une capote.

 

Vive la joie!

Vive la vie!

Vive l'amour!

Je hurle ton nom,

Liberté!

 

Je suis Zapatiste!

Face ta fierté et ton orgueil

Qui me broient et qui me noient.

Je suis Zapatiste!

Face à ton cigare puant

Que je remplace

Par un bâton de dynamite.

Je suis Zapatiste,

Devant ta banque

Qui me ruine!

Devant ton hypermarché

Qui m'affame!

Devant tes buildings

Qui m'écrasent!

Devant tes ghettos

Qui m'emprisonnent!

¡Soy Zapatista!

Como todos los humanos

Que tienes un poco de corazón,

Como los explotados,

Los oprimados,

Las minorias.

Si Marcos est pédé!

Nous sommes tous pédés!

Nous!

Les exclus,

Les exploités,

Les opprimés,

Les blacks,

Les beurs,

Los indios,

Poètes et artistes,

Doux rêveurs.

Crevez!

Avec vos terres de repus,

De nantis,

Messieurs les castrateurs,

Messieurs les lâches

Et les menteurs,

Les voleurs,

Arnaqueurs,

Boursicoteurs,

Avec vos chiens de garde en uniformes.

Nous sommes Marcos!

Et avec nous,

Toutes celles

Et tous ceux

Qui résistent

Et qui vous chante

La Cucaracha.

J'appliquerai les devises

Qui brillent

Sur vos drapeaux,

Liberté,

Egalité,

Fraternité,

Auxquelles

Je rajoute l'amour,

Car je refuse

De mourir

En détournant les yeux

Face aux larmes d'un enfant.

 

Esteban

 

Jusqu’à la Liberté

 

Par Cristina Castello

 

 

Ingrid

Exclue

Un des exclus de la vie

Proscrite

Poing cassé du souhait

Clameur

Rêverie de Terre Juste

Fleur qui ferme sans naître.

Prière contre les portes du désir.

 

Álvaro Uribe. Bush.

Hitlers 2005.

Ils sont duelles

Ils se scindent.

Ils nous scindent.

Plus que trois plus que dix

Plus que cent fois.

Épouvante

De particules d'identité

Ils sont des fragments craquants

Des yeux qui regardent

Des espoirs vides

Et de grandes joies qui non plus.

Le mutisme et le verbe qui récitent

La Cause

Du genre humain.

Avarice d'âmes.

Il offre

Des mains

Qui rejettent.

La soif.

 

Mais ils étoufferont en horreur

Jusqu’à la Liberté

D'Ingrid Bentacourt.

 

Jusqu’`a la Liberté

Jusqu’`a des yeux bouillonnant d’espoirs

Des africains abandonnés à leur mort

 Des palestiniens des visages - cartes d’âmes désespérées

De l'Humanité.

 

Uribe. Bush

Rire de Satan

 

  

 

Hasta la Libertad

 

Por Cristina Castello

 

 

Ingrid.

Excluida

Uno de los excluidos de la vida.

Proscripta.

Puño roto del anhelo

Clamor

Sueño de Tierra Justa

Flor que cierra sin nacer

Súplica contra las puertas del deseo.

 

 Álvaro Uribe. Bush.

Hitlers 2005

Máscaras

Son duales.

Se escinden.

Nos escinden.

Más que tres más que diez

Más que cien veces.

Espanto

Partículas de identidad

Crujientes de fragmentos son

Ojos que miran

Esperanzas cuencas

Y alborozos que ya no.

De mutismo y verbo que recitan

La Causa

Del género humano.

Avaricia de almas

Ofrecen

Manos

Que recusan.

La sed

Pero ahogarán en horror

Hasta la Libertad.

De Ingrid Bentacourt

 

Hasta la Libertad

Hasta ojos burbujas de alborozos

De africanos abandonados a morir

De palestinos con caras - mapas de almas desesperadas

De la Humanidad.

 

Uribe. Bush. El Imperio.

Risa de Satán

 

www.cristinacastello.com

 

Les poètes ne forcent pas les barreaux

ils soulignent les espaces de liberté

 

Avec un doigt, j’ai été poussé dans l’absolu

Avec un doigt, j’ai été jeté dans l’infini

 

Ingrid, Clara et toutes les prisonnières du monde manquent d’oxygène

Que les êtres blessés recouvrent leur force

 

Au sommet des vivants, j’entends le fantôme de la liberté

Au sommet d’elles-mêmes, elles marchent à l’envers le sentier de l’oubli

 

Les parallèles joignent les mains du silence

et les cris trop nombreux se perdent dans la forêt

 

Prisonnières du temps arrêté, Ingrid, Clara avec le doigt du désarroi

elles tirent nos espoirs ensevelis

 

Vivre l’absence et la distance comme une marche d’humanité

et les mots serrés de nos consciences appellent :

 

Libérer les femmes des mondes cachés

Ouvrir le jour au monde entier

 

Benoist Magnat

poème écrit pour Ingrid Betancourt le 24 octobre 2005

 

 

 

AU MUR!

 On a tenté de masquer

A la chaux

Le mur offensé

Bouillant de muette colère,

Le mur fusillé,

Témoin de l'humaine

Folie meurtrière.

Mais un jour,

D'impudiques enfants

Jouèrent avec leurs doigts.

Ils les introduisirent,

Malgré le livide voile,

Dans chaque trou

Creusés par les balles.

Dans leurs livres d'histoire,

On ne décèle aucun trou,

Tout y est propre et lisse.

Cependant, dans la rue,

Les enfants apprennent

A lire en un braille

Qui fait tomber les masques

De la cécité volontaire.

Il persiste hélas des idées

Qui portent

Le fardeau des siècles.

Des sombres idées

Mercenaires,

Des idées,

Au service de la misère.

 

Esteban

Tant qu’il y a des matins, il y a de l’espoir

 

 

Isolée en Colombie,

Niée, toi notre amie.

Gardée en otage,

Recluse, mise en cage.

Ignorée des médias,

Détruite, loin de chez toi.

 

Bafouée dans tes liens,

Emprisonnée loin des tiens.

Tenue en captivité,

Abandonnée comme exilée.

Noble dans l’adversité,

Cloîtrée dans le silence,

Oubliée dans ton absence.

Unis, hier comme aujourd’hui,

Réunis pour ta liberté.

Tu nous reviendras… cette année ?

 

 

 

Jean-Marie Pilardeaux


La que libero Ingwi (divinidad pagana)

 

 

Hoy permaneces cautiva de  esos mismos paganos, de (con toda seguridad) unos determinados fanaticos que han coartado tu libertad de movimiento, de pensar, de escribir.

? En nombre de que otra libertad erronea ?

-         La de seguir un camino equivocado, repleto de « exigencias » ; un sendero que han « elegido de emprender » quienes te mantienen lejos de tu esposo, hijo e hija, familia, amigos, y todos tus demas seres queridos, y de todos nosotros « determinados » en obtener tu libertad, esa que nadie tiene derecho a quitarte, en nombre de nada ;

 ? en nombre de UNA COLUMBIA que ellos « tus carceleros » quieren ?

- ? En nombre de que falsa VERDAD, de que oscura verdad, sigues encerrada, obligada y sumida en este largo e interminable silencio… ?

Nuestra respuesta e union para tu liberacion seguiran FIRMES, INALTERABLES, por la LIBERTAD,

 

POR TU LIBERTAD Y POR NUESTRA LIBERTAD A TODOS …

SIN DUDA…

 

Ana Serra

 

 

 

(Traduction en français)

Ingrid :

Celle qui libéra Ingwi (divinité païenne)

Aujourd’hui tu continues d’être captive de ces mêmes païens qui (sans l’ombre d’un doute) sont des fanatiques déterminés, qui ont scié ta Liberté de mouvement, de pensée, d’écrire,

Ta liberté d’exister…

D’être…

Au nom de quelle autre idée de liberté ?

- Celle de suivre un chemin erroné, rempli d’exigences ; un sentier qu’ont choisi de prendre et de s’en tenir à lui, ceux qui te maintiennent loin de ton époux, fils, fille, famille, amis, et de tous tes êtres chers, et de nous tous « déterminés » à OBTENIR TA LIBERTE, celle que nul n’a le droit de t’enlever : au nom d’une COLOMBIE, qu’eux « tes géôliers » veulent à leur image ?

-         Au nom de quelle fausse et lâche vérité, restes-tu toujours enfermée et soumise à ce long et interminable silence ?

-         Notre réponse et union pour ta libération ne fléchira pas et restera FORTE et INALTERABLE pour la liberté,

      Pour ta liberté

      Et pour notre liberté

      A tous « d’être »

      SANS AUCUN DOUTE.


A INGRID

 

 

Le 24 octobre

 

 

Loin de nous, en même temps

Si proche par la pensée

De femme, de mère, de liberté

Sentiment de puissance devant ta force

Et d’impuissance face à tant de violence et d’injustice.

 

Si les mots sont de chair,

Ils nous unissent et scellent notre amour de la Terre

Toi et les Tiens

Tous ceux qui comme toi,

Mettent dans leur vie, la force de leur idéal et de leurs croyances

Nous font comprendre ce que veut dire Liberté

Nous qui vaquons parfois, au bord d’une existence tiède,

Quel sens porte chacune des secondes de ton existence !

Quelle formidable importance a ta vie !

Tant, que le monde entier t’envoie des respirations,

à Toi et à ceux et celles que tu fais exister.

 

 

Chantal Raffanel

 


INGRID, ton combat est celui de la vie

Nos pensées vont vers toi, même au cœur de la nuit.

Garde toujours courage car tu as plein d’amis.

Regardons le présent, croyons fort en la vie,

Ignorons la menace, secouons la torpeur

Donnons-nous tous la main face à tes ravisseurs.

 

 

         Bien que tu sois encor’ privée de liberté

         Et que nous ignorons où l’on te tient cachée

         Tiens-toi prête à sortir et ta lutte gagner…

         Avec toi, tout un peuple, c’est la COLOMBIE

         Niée dans son bon droit qui veut rester en vie.

         Ce combat que tu mènes, toi femme de cœur

         Obtiendra gain de cause quand ce sera l’heure.

         Un nom comme le tien, signifiant « LIBERER »

         Rassemble autour de lui. D’autres, avant toi, l’ont fait

         Tels Nelson et Martin. Leur message est passé…

 

 

 

Rosa Napoli

Le 24 octobre 2005

 

 

Colombie ma colombe

 

 

Me voilà initiée

 

Une agression

un séjour dans l'hôtel le plus prestigieux

BOGOTA , la Capitale

aussi Rouge que Toulouse

 

des artisans qui s'affairent, trouvent, inventent, recréent...

 

San Franscisco, une église qui dégouline d'or,

et celle de sel à Zipaquira...

 

et ces enfants dans la rue....

 

et ma révolte

envers ces adultes-enfants qui regardent sans voir

des enfants adultes essayaient de survivre

dans une société absente, pétrifiée

engluée dans